«

»

Mar 16 2012

Imprimer ce Article

Élections présidentielles : politique et TVA sont dans un bateau…

Les élections présidentielles approchent et bientôt, bon nombre d’entre nous vont voter n’importe quoi (oui, je m’exclus du lot).
Impatients que vous le fassiez, certains candidats ont déjà déposé leurs 500 (ou plus) signatures tandis que d’autres rament encore pour les obtenir.

Pourtant la campagne a déjà commencé, souvent avec des relents méphitiques qui fleurent bon les grandes heures de l’Histoire : racisme, xénophobie, populisme, nationalisme, ultra-libéralisme, répression, mise à l’index, mesures sordides et j’en passe.
C’est tellement flagrant que même les conservateurs américains sont choqués.

Wall Street Journal : Nicolas Le Pen

Nicolas Le Pen : Even by local standards, the French President's recent burst of xenophobia is pretty cynical.

Et comme disait l’autre, ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule.
Parce que même nous, à notre petit niveau, nous nous sentons concernés. Je ne parle pas de nos opinions personnelles qui ne transpirent jamais dans ce que nous disons ou faisons car nous sommes des professionnels, non. Je vous cause de la librairie, là. En sa qualité de personne morale.

Ben oui, la politique directement influe sur sa vie.
Je ne parle pas non plus des éclats de charognard de Laurent Wauquiez. Non non. Restons pragmatiques et parlons, par exemple, de la TVA. Ou comment flinguer la valeur des stocks tout en faisant un énorme cadeau aux distributeurs de numérique. Alors bon, Wauquiez peut la ramener, il ferait mieux de cultiver ses cheveux gris et de peaufiner son look à la George Clooney.

Concrètement, pour les librairies ça donne quoi, ces élections présidentielles ?

Impossible de savoir ce que va faire le prochain président, compte tenu de la clarté et de la précision des programmes. Et même si programmes il y avait, ça serait bien la première fois qu’un président élu tient ses promesses, non ?
Donc, très probablement des années 2012-13 assez difficiles, le derrière coincé entre une droite dure et une gauche molle. Aussi nous préparons-nous (comme la plupart de nos collègues) à voir nos stocks dévalués (conséquence directe de la baisse de notre marge) et, très certainement, nos ventes baisser (conséquence directe de la baisse du pouvoir d’achat et du nombre de livre refourgables pour une somme donnée). Ne jurons de rien, mais entre les éditeurs qui pratiquent des hausses de prix semestrielles et des gouvernements avec la puissance de réflexion de deux calculatrices Casio SL-300 combinées, je ne pense pas prendre beaucoup de risques sur ce coup là.

Et là, je vois le type au fond qui chouine : “Eh l’autre, eh !” qu’il dit.
N’empêche que même en pleine campagne pour les élections présidentielles, je n’ai pas entendu grand monde la ramener sur la hausse de la TVA ni sur la baisse de la TVA pour le livre numérique. Et je ne pense pas que quiconque y reviendra.

Sarkozy et la TVA

Illustration par Le PiXX (http://www.lepixx.fr/)

Ben justement, ça tombe bien, le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a transmis au ministère de la Culture son rapport sur les librairies indépendantes (aussi disponible à cette adresse : http://goo.gl/sT9lo).
Le constat n’est pas glorieux.

Le SLF y explique que le secteur est menacé par différents facteurs :

En misant sur l’emploi, sur la diversité de son assortiment de livres, sur son implantation au coeur des villes, sur une politique d’animation culturelle, l’activité de libraire engendre des coûts « qualitatifs » importants. Les salaires, bien que trop peu élevés au regard de la qualification du personnel, représentent la moitié de la marge des libraires. Ceux-ci doivent également faire face à la flambée des loyers en centre-ville et des frais de transport, ainsi qu’à des difficultés de trésorerie structurelles liées à l’étendue et à la nature de leur stock de livres.

Il y est aussi question de la concurrence frontale de la grande distribution et d’Internet :

Avec une rentabilité nette moyenne divisée par trois en moins de dix ans pour s’établir aujourd’hui à 0,3 % du chiffre d’affaires, la librairie est le secteur le moins rentable parmi l’ensemble des commerces de détail. Dans de telles conditions, la librairie ne dispose plus de capacités d’investissement et la transmission des entreprises est plus complexe.

Et déjà, le Conseil National du Numérique (CNN, non, je ne rigole pas) se plaint.

Ajoutons à cela le fait que tout le monde s’en fout et vous voyez les ronces là-bas ? Autant vous dire qu’on n’en a pas le cul sorti.

Lien Permanent pour cet article : http://www.terresdelegendes.fr/2012/03/politique/elections-presidentielles-politique-et-tva-sont-dans-un-bateau/