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Mai 04 2012

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Persepolis, la Tunisie et la liberté d’expression

Quel rapport entre Persepolis, la Tunisie et la liberté d’expression et de presse ?
Visiblement aucun (Hichem, je sais que tu ne nous lis pas, mais je suis désolé).

Le tribunal de première instance de Tunis a condamné le patron de la chaîne Nessma au paiement d’une amende de 2 400 dinars (soit dans les 1 200 à la louche) pour «atteinte au sacré» après la diffusion du film Persepolis l’année dernière :

Nabil Karoui a été condamné au versement d’une amende de 2 400 dinars pour la diffusion au public d’un film troublant l’ordre public et portant atteinte aux bonnes moeurs.

Le tribunal a aussi condamné un responsable de la production et un technicien de Nessma au paiement d’une amende de 1 200 dinars chacun.

Mais le plus drôle, c’est que l’annonce du verdict coïncidait avec la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée en Tunisie depuis la chute de l’ex-président Ben Ali en janvier 2001. Et ça, c’est la grande classe.

Me Abada Kefi, avocat de la chaîne, compte faire appel et a déclaré :

Ce jugement est une atteinte à la liberté de la presse. On espérait un acquittement pur et simple en cette journée mondiale de la liberté de la presse.

Et même avec la plus grande mauvaise foi du monde, nous pouvons difficilement lui donner tort.

Certains sont allé jusqu’à manifester leur mécontentement, considérant que 2 400 dinars pour quelqu’un qui se moque d’Allah et offense le sentiment des musulmans, c’est peu.

(interlude musical)
Ce qui me fait dire que si Allah n’a pas le sens de l’humour, alors c’est qu’il n’est pas parfait, et que considérer Allah comme imparfait, c’est une hérésie. Sans compter que ça ne fait pas tellement propagation du Salam, tout ça. Pourtant, je ne suis pas là faire des procès à tour de bras. Ce qui pourtant rentrerait dans l’optique du troisième droit des musulmans : conseiller son frère si ce qu’il va faire est mal ou nuisible. Et je n’aborderait pas le septième droit concernant la nuisance.
Un tel manque de confiance en soi, je trouve ça effrayant.
Mais passons. De toute façon, je ne suis pas religieux.
(fin de l’interlude musical)

Persepolis - Affiche du film

L'affiche du film Persepolis

Pour mémoire, l’œuvre incriminée, Persepolis, est le fer de lance de la subversion. Ouh la la, attention :

En 1978, à Téhéran, Marjane a huit ans. Elle est issue d’unb milieu aisé et cultivé. Plongée dans l’avenir, elle rêve de sauver le monde. Sa vie est bouleversée par la chute du régime du Shah et l’instauration de la République islamique avec ses commissaires de la révolution qui contrôlent tenues et comportements. Marjane doit porter le voile mais continue de rêver de révolution. La guerre contre l’Irak avec son lot de bombardements, de privations et de disparitions de proches intensifie la répression intérieure. La langue bien pendue de Marjane et ses positions rebelles posent problème. Du coup, ses parents l’envoient à Vienne pour la protéger. Là, Marjane qui a désormais quatorze ans découvre l’adolescence, la liberté, l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence.

C’est pas non plus du Nabokov.

Persepolis

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