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Juin 21 2012

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Le New York Times et le prix du livre

Je viens de lire dans Livres Hebdo que la célèbre feuille de choux The New York Times vantait le modèle français en faisant l’éloge de la librairie française et du prix fixe.
Bon, le journal en question est vaguement à gauche (une gauche à la mode américaine), mais ça reste surprenant.
Donc, je fus surpris.

Mais je m’en suis vite remis, ne paniquez pas.
Je vais bien.

Ben ouais, de toute manière, il ne peut pas y avoir que des cons partout.

The New York Times

Mais revenons au NYT, voulez-vous ?
Elaine Sciolino, correspondante à Paris, y signe un article élégant intitulé The French Still Flock to Bookstores (Les Français affluent toujours dans les librairie). Et elle y fait une amère constatation sur son pays :

Alors que les librairies indépendantes disparaissent aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, le marché du livre français se porte bien. La France possède 2 500 librairies et pour chaque librairie de proximité qui ferme, une autre ouvre. Les ventes de livres ont augmenté de 6,5 % entre 2003 et 2011.

La journaliste souligne aussi la faible importance du numérique (1,8 % du marché en France pour 6,4 % aux Etats-Unis) et l’importance de la tradition de l’imprimé en France.

Elle poursuit avec le prix du livre fixé par la loi, décrit comme un atout (pour information, Israël réfléchit sérieusement à imiter notre modèles). Elle précise que les éditeurs ont même imposé à Amazon la remise maximale de 5%, sans oublier de rappeler que le géant numérique pratique malgré tout illégalement la livraison gratuite.

Elle ne s’arrête pas là :

L’an dernier les éditeurs français ont vu avec horreur que le numérique avait mangé le marché du livre imprimé aux Etats-Unis.

Et d’évoquer le lobbying auprès des instances européennes pour obtenir un prix du livre numérique fixe, l’importance d’institutions comme le Centre National du Livre (ou alors c’était le Centre Nautique de Lorient ?), la région et l’Adelc (dont les subventions et prêts sans intérêt permettent aux libraires de survivre). Elle va même jusqu’à citer la conclusion du rapport du CNL sur la librairie : “tenir une librairie est un sport de combat“.

Quelle anarchiste, cette Elaine Sciolino. Quelle sale gauchiste.

Après quoi elle évoque la fermeture le mois prochain – après trois décennies d’activité – de la librairie américaine The Village Voice, décrite comme “l’une des librairies les plus chics de Saint-Germain des Prés“. Elle explique que The Village Choice est victime des discounts pratiqués par Amazon et par les vendeurs de livres numériques.

Elaine Sciolino est vachement moins funky lorsqu’elle avoue son pessimisme sur les capacités de résistance du papier.Comme je disais, le marché prévaudra : “malgré l’existence des librairies de proximité, en 2011, 13 % des livres ont été acheté sur internet“.

D’ailleurs, Fabrice pense déjà revendre quelques une des ses Ferrari histoire de payer ses factures.

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(1 commentaire)

  1. avatar
    Fabrice

    Tant que j’ai pas à vendre mes Aston Martin…

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